Rêves d’un monde futur

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Le rêve fondateur

Voici ci dessous le texte qui nous a inspiré la réalisation de ce site. Il n’est pas le « meilleur », il est un parmi d’autres, mais simplement c’est le premier que nous ayons lu et nous espérons qu’il en inspirera de très nombreux autres.

Et petit à petit, de plus en plus de rencontres se vivront autour de ce thème, participant ainsi à faire émerger progressivement une vision collective amenant à une réelle transformation du monde vers une vie fraternelle, solidaire et écologiste !

Rêves du Monde Futur

« Nous en avons rêvé, donc cela existe. Ce que nous pensons et ressentons n’est qu’une simple perception : notre existence, tant individuelle que sociale, est façonnée par de telles perceptions. Et si nous souhaitons changer, il faut modifier nos perceptions. Quand nous accordons de l’énergie à un rêve différent, le monde est transformé. Pour créer un monde nouveau, il faut d’abord créer un rêve nouveau. »

John Perkins

Un grand nombre de peuples premiers pensent que le monde est un reflet de la somme des rêves du monde que nous faisons. Ainsi, le monde est tel qu’il est parce qu’il est le résultat, la projection du « film » que nous nous en faisons collectivement. Cela rejoint dans un certain sens l’analyse de La Boétie selon laquelle les tyrans ne tiennent que parce que le peuple-esclave le lui autorise et que si une partie conséquente du peuple n’adhérait plus à ce pouvoir il tomberait de lui-même dans les heures suivantes.

Oui, en faisant un rêve différent le monde commence à changer. Dom Helder Camara disait « Lorsque je rêve seul, ce n’est qu’un rêve. Lorsque l’on rêve à plusieurs, c’est le début de la réalité. » Changer de rêve pour la planète, propager ces nouveaux rêves et commencer dès ici et maintenant à les réaliser est un processus très puissant qui peut conduire vers une métamorphose structurelle non violente de notre monde. C’est la seule alternative collective réelle au triste choix entre réformisme et révolution violente.

Un réel changement radical et non-violent ne peut advenir que par la multiplication d’autres rêves du monde et leur concrétisation concrète dès maintenant. Les Zapatistes du Mexique l’ont bien compris : plutôt que de perdre leur vie, leurs forces et leur âme à lutter par la violence contre le régime corrompu, ils ont mis en place une micro-société alternative fondée sur d’autres valeurs. C’est aussi ce que nous tentons modestement de vivre à l’Arche.

Chacun a sa place dans ce processus, n’attendons plus qu’une métamorphose du monde n’arrive par la politique, la politique… c’est nous !

Voici quelques bribes du rêve que je fais pour un monde futur. Nous sommes déjà nombreux à faire de tels rêves, beaucoup plus nombreux que nous ne pouvons l’imaginer et il s’en faut de peu pour que le monde ne bascule vraiment. Peut-être n’y a-t-il que le tien qui manque ?

Agriculture et spiritualité

En ce temps, un très grand nombre de personne auront accès à la terre et retrouveront un lien à leur vie spirituelle à travers la relation à la nature. Ils produiront une partie de leur alimentation tout en ayant d’autres activités en parallèle, seront à la fois manuels et intellectuels car ils auront compris que ça se complète bien et que ça aide à s’équilibrer.

Lien ville/campagne

Beaucoup de liens existeront entre ville et campagne, les citadins pourront aisément se mettre au vert et gratter la terre, il y aura des lieux de ressourcement créés pour eux, ainsi leur vie sera beaucoup moins stressante. Et les habitants des campagnes iront facilement en ville bénéficier de la vie culturelle et artistique.

Bien sur, il y aura également de plus en plus de lieux culturels à la campagne et d’espaces verts en ville : beaucoup moins de béton et de bitume, presque plus de voitures, beaucoup d’espaces seront transformé en potagers collectifs, en vergers, en espaces fleuris. Les toits seront végétalisés et il fera frais en ville l’été !

Transports

Il y aura énormément de trains, de bus et de tramways, et bien sur… ce sera gratuit (enfin, nuance, financé par tous ) ! Ils seront très peu dégradés, même si c’est gratuit, et d’ailleurs, il n’y aura vraiment plus beaucoup de voleurs (ni de policiers…) parce que les richesses seront réparties bien plus équitablement, vu que tout le monde aura compris que lorsque l’on partage tout le monde est content (les enfants comprennent ça en général beaucoup plus facilement que les adultes…) et qu’il y aura de la place pour tout le monde dans la société.

Politique et spiritualité

Le vandalisme et le vol seront également très marginaux parce que les politiciens et les différentes figures représentant l’autorité seront, dans l’ensemble, beaucoup plus honnêtes et cohérents entre leurs discours et leurs actes. Et cela entre autres parce que la plupart d’entre eux auront approfondi leur vie spirituelle et seront élus pour cela : on constatera facilement qu’ils vivent leur mandat comme un service et non comme une occasion d’exercer un pouvoir ou une domination sur les autres. Ainsi il y aura moins de personnes avec un comportement anti-social car ils auront des repères plus solides. Aussi parce que beaucoup d’adultes auront foi en l’avenir, confiance que même si tout n’est pas parfait ça ne peut que s’améliorer, ils transmettront une réelle espérance communicative.

Foi, Spiritualité et Religion, Christianisme

Il faut dire que les retrouvailles d’une large part de ces adultes avec une forme de spiritualité leur aura fait le plus grand bien ! En effet, une énorme partie de ces personnes avaient par le passé coupé tout contact avec leur intériorité, avec le sacré, parce qu’ils en avaient eu marre de la religion chrétienne avec ses dogmes figés et sa morale rigide, du fanatisme, du manque d’ouverture, conformisme social, de la compromission avec le pouvoir, l’argent et la justification de l’ancien fonctionnement socio-politico-économique basé sur la concurrence, de la tiédeur et de la fadeur de son témoignage, de décalage abyssal entre le message de Jésus et ce qu’elle vit réellement,…

Beaucoup de personnes, après un mouvement de rejet, se seront aperçu que, malgré tout, la transcendance ça leur manquait, qu’ils étaient déracinés, perdus et déconnectés d’eux-mêmes… Alors ils auront inventé une autre façon de retrouver un lien à la dimension sacrée de la vie. Beaucoup seront passé par la découverte d’une autre religion, beaucoup d’autres ne se réfèreront pas à une religion ni à une tradition spirituelle quelconque, ça les aidera à se sentir mieux et à trouver un sens à leur existence, une confiance et une joie.

Les guerres de religions seront enseignées en cours d’histoire et les enfants auront du mal à comprendre.

Maladies, Vieillesse et Politique

Évidemment il y aura moins de maladies, pour des tas de raisons : alimentation 100 % bio (si, si !) , beaucoup plus de sens à l’existence individuelle et collective, beaucoup plus de possibilités d’exprimer sa créativité,...

Et de ce fait, il y aura pas mal de vieilles personnes, mais en bonne santé, et malicieuses au regard qui pétille. Oui car étant donné que la plupart des gens auront accès à leur vie spirituelle et auront fait un chemin de guérison de leurs blessures, de leur histoire, il y aura beaucoup plus de vieux sages, qu’on pourra consulter pour avancer sur nos questions. Il y aura encore des « conservateurs » en politique, mais plus ouverts au changement, on les écoutera (mais on ne fera pas tout ce qu’ils disent !) D’ailleurs, les enfants aussi auront leur place en politique, car souvent, si on leur explique avec des mots simples ils comprennent le cœur des problèmes et ont leur mot à dire.

Administration, Politique et Relations sociales

Il faut dire qu’il n’y aura plus de grands pays : plein de petits lieux chouettes, des quartiers, des villages, des hameaux. Il y aura dans chacun de ces lieux, des espaces où les personnes de tout âges pourront prendre des décisions. Il y aura encore des conflits et des désaccords, bien sur, c’est humain, mais on aura des tas d’outils relationnels pour tenir compte de l’avis de chacun et prendre des décisions quand même. Heureusement, au XXe et XXIe siècle, il y avait beaucoup d’endroits qui expérimentaient ces techniques et qui ont pu par la suite les apprendre plus largement, mais à cette époque les médias n’en parlaient jamais. En tout cas, on apprendra à utiliser ces méthodes à l’école, ainsi à l’âge adulte on aura déjà une bonne expérience de la chose.

Heureusement, il y aura encore quelques courageux pour faire beaucoup de kilomètres et des tas de réunions, ceux-là, on les enverra dans les « rencontres internationales de la solidarité et des échanges économiques fraternels » où ils partageront les nouvelles des régions et décideront d’une répartition mondiale de tel ou tel produit là où il y en a trop ou là où il n’y en a pas assez. Mais le plus de choses possibles seront produites localement.

Armée

Progressivement il n’y aura plus d’armées, car les gens n’auront plus peur des autres. Ça fera avancer énormément de projets innovants, parce que qu’est-ce que ça coûtait cher tous ces militaires et toutes ces armes !

Science

La science sera financée par tout le monde, les scientifiques pourront travailler sur ce qui les intéresse et ils n’auront plus de liens avec l’industrie. A chaque découverte ou invention, il y aura des comités de veille citoyenne (avec des enfants, des vieux sages et des adultes tirés au sort) qui décideront si ça vaut le coup de l’utiliser, en fonction de l’utilité sociale et du respect de l’écologie. Et bien sur il y aura plusieurs contre-expertises indépendantes de l’industrie pour estimer si c’est dangereux ou pas. Les universités qui forment les scientifiques tâcheront d’éveiller leur conscience citoyenne.

École et Spiritualité

Dans toutes les écoles, collèges, lycées, universités, il y aura des espaces et des temps « découverte de la spiritualité », très ouverts, et ainsi la plupart des gens découvriront les bienfaits de l’intériorité. Et bien sur, quand ils auront découvert ces bienfaits, ils n’auront plus envie de dominer, de profiter des autres, ils considèreront autant leurs propres intérêts que l’intérêt général, le bien commun.

D’ailleurs, la plupart des gens prendront conscience que ce qui les relient tous facilement c’est le silence. Alors avant la plupart des réunions, des rencontres, des échanges (qui seront nombreux et passionnants !), on prendra un petit temps de silence où ceux qui veulent pourront « se recentrer », d’autres « prier », « méditer », « revenir au présent », « se reconnecter », « ouvrir à l’Esprit »,... Ça changera vraiment beaucoup de choses.

Fêtes

Et puis il y aura beaucoup de fêtes, pour toutes les occasions possibles et imaginables. Qu’est-ce qu’on va rigoler !

Conception du « Travail », Réorganisation du fonctionnement de l’économie

Bien sur, la conception du travail est une des premières choses qui va changer, avec la mise en place d’un RME : Revenu Minimal d’Existence . C’est à dire que chacun recevra assez d’argent pour répondre à ses besoins essentiels, quoiqu’il fasse ou ne fasse pas. Au début, beaucoup de gens se diront : « Ahhhhh, je n’ai plus besoin de travailler, quelle aubaine, vive les vacances !! » Mais très vite, après quelques semaines ils s’ennuieront et verront qu’il y a beaucoup de travail pour remettre la planète à l’endroit. Ce qui changera tout avec ce système, c’est que les gens ne feront plus un boulot idiot, qui les abrutit ou les empêche de s’épanouir, juste pour gagner de l’argent : ils feront ce qu’ils ont envie ! Et ça changera tout, car ils auront le temps de réfléchir à ce dont ils ont envie de faire, et heureusement le monde est assez bien fait : chacun est différent et il y aura beaucoup de travail pour tout le monde ! On ne parlera plus de « travail » (qui vient du latin « tripalium » , ce qui était un instrument de torture au Moyen-Âge) mais « d’activités ».

Bon, c’est sur, les gens ont tous des besoins différents et il sera possible de gagner plus que le RME (mais pas plus que le RMA : Revenu Maximal Autorisé, limite que l’on se sera donné collectivement. Il faut bien quelques limites si l’on veut éviter la « toute puissance », non ?), mais pour ça il faudra passer du temps dans les services à la collectivité, des trucs que peu de gens veulent faire par exemple (éboueurs, BTP,...) et qui seront bien plus payé que les autres. La plupart des gens se feront ainsi une joie de choisir une activité qu’ils aiment et de conscientiser son utilité sociale. Tous les talents seront reconnus, y compris l’art d’être maman ou papa, nounou, grand-père ou grand-mère, faire des confitures, arroser les plantes du voisin quand il n’est pas là,… Il y aura sans doute des monnaies complémentaires pour cela : SEL et autres. En tout cas, avec une telle organisation, chacun sera libre de « travailler » (on inventera un nouveau verbe…) très peu ou beaucoup selon ce qu’il fait, ses besoins, ses projets,…

Peut-être qu’il n’y aura plus assez de monde pour produire ou s’occuper de certaines choses (les abattoirs, les usines à fabriquer des consoles vidéos,…) et ces domaines tomberont en désuétude. Quelques uns le regretteront, la plupart ne s’en apercevront même pas, le reste se diront : « bah, c’est qu’on en avait pas tant besoin… » On apprendra à vivre globalement plus simplement, et ça tombe bien car on aura assimilé réellement que pour étendre l’ancien mode de vie des occidentaux à l’ensemble des humains il aurait fallu plusieurs planètes pour fournir toutes les matières premières nécessaires, et puis la Terre aurait été démolie en un rien de temps…

Retraite et Développement personnel

Est-ce nécessaire de dire que l’on ne se posera plus la question de la retraite ? Il est clair en tout cas qu’en plus de consacrer une partie de leur temps à entretenir leur vie spirituelle, la plupart des gens prendront davantage soin de leur corps et de leur équilibre en pratiquant des activités physiques qui font du bien et développeront leurs talents artistiques et créatifs. Il y aura bien sur un retour aux activités artisanales, c’est méditatif et tellement plus beau !

Écologie

Cela va sans dire que les toilettes sèches seront généralisées , c’est bien trop dommage de mettre du caca dans l’eau… et l’on récoltera toutes ces matières pour faire de l’engrais pour les arbres fruitiers. Les eaux usées des maisons seront traitées par phytoépuration, et comme il n’y aura plus de produits chimiques dans les champs et qu’il y aura moins d’élevage (vu qu’il n’y aura plus d’abattoirs), en quelques années les rivières redeviendront potables. Oui, on boira et on se baignera partout où l’on trouve de l’eau, même dans la Seine et le Rhône !

Le terme « habitat écologique » n’existera plus car on ne connaîtra plus d’autres façons de bâtir. Pour l’énergie, à part le petit éolien décentralisé, des machines/maisons/voitures très très économes et une grande sobriété générale…

Économie, Finance

Bien sur, le monde de l’économie et de la finance seront au service de la fraternité entre les humains. Comme ça se faisait déjà au temps de la NEF , l’argent en trop servira à financer des projets innovants, écologiquement responsables et socialement utiles. Le temps où cet argent servait à s’enrichir encore plus, les paradis fiscaux, la bourse, la finance du nucléaire, des ventes d’armes, des dictatures, etc… Ce temps là sera enseigné en « archéologie primitive », mais la plupart des étudiants croiront que leur enseignant a fait un cauchemar la nuit passée !

Propriété privée

La sacro-sainte « propriété privée » et les héritages familiaux seront très progressivement abandonnés au service du bien commun, d’un commun accord. La Terre sera à nouveau considérée comme sacrée et les anciens se souviendront : « Quand-même, tu te rends compte ? Dans le temps on pouvait acheter de la terre !! »

Différences hommes/femmes

Bon, les différences entre hommes et femmes se seront nettement réduites au niveau des activités, de la répartition des tâches ménagères, de l’éducation des enfants, de la mécanique et de la maçonnerie. Certains hommes seront bien contents de porter des jupes sans honte. Globalement, la majorité des hommes assumeront bien mieux qu’avant leur masculinité tout en intégrant la part féminine de leur être, et réciproquement.

Médecine, Hôpitaux

D’accord, il y aura sans doute encore des maladies, c’est inévitable… Mais on saura bien soigner par les plantes, les pierres, l’acupuncture, l’homéopathie et autres naturopathie. Mis à part quelques antibiotiques, les médicaments chimiques seront exposés dans des « musées des erreurs passées » et regardés avec compassion. On aura toujours des courageux et des balèzes pour soigner les dents, opérer chirurgicalement,… mais globalement on en aura moins besoin. Les médecins et les infirmières auront le temps de bien faire leur travail en prenant bien soin des personnes. Les hôpitaux seront plus petits et plus nombreux, aussi plus conviviaux et plus vivant. Il y aura en leur sein des salles artistiques pour créer et contempler, beaucoup de fleurs et de la musique.

Accompagnement des personnes marginales, Prisons et Hôpitaux Psychiatriques

Inévitablement, il y aura toujours des marginaux, des personnes qui s’adaptent difficilement, qui souffrent de problèmes psychologiques et sociaux, de maladies mentales,… Il y en aura moins, c’est sur, mais il y en aura et ce qui changera du tout au tout c’est la manière dont on s’en occupera. Il n’y aura presque plus d’hôpitaux psychiatriques, mais comme dans les autres hôpitaux on prendra vraiment bien soin des personnes. Elles pourront s’isoler si elles en ressentent le besoin, être créatives, ou encore rencontrer d’autres personnes avec qui parler. Il n’y aura plus de prison, les travaux d’intérêts généraux seront la norme. Et vraiment, pour ceux qui posent encore problème on considèrera avec compassion qu’ils sont malades et ils iront un temps en hôpital psychiatrique où l’on prendra soin d’eux et où on les aidera à trouver du sens à leur vie, à trouver leur place. Mais il n’y aura quasiment plus de voleurs puisqu’il n’y aura plus aucun intérêt d’accumuler des richesses !

Globalement il y aura aussi une plus grande responsabilité sociale chez la plupart des gens, il ne sera pas possible de faire n’importe quoi sans que personne ne vous dise rien. Mais l’on ne condamnera plus ceux qui contreviennent aux règles communes, on se dira « vraiment, celui-là ne va pas bien » et on cherchera avec lui quel est le vrai problème au fond. Et il se sentira non pas jugé mais accueilli dans son mal-être, et la plupart du temps ça le fera bien cheminer ! Dans les cours « d’archéologie primitive » on enseignera : « Voyez, il y eut un temps où quand quelqu’un allait mal et faisait une bêtise, on le tuait. Ou on l’enfermait pour le punir, ce qui ne marchait pas du tout parce que sa vie et celle de sa famille était brisée et quand il sortait il allait encore plus mal, alors soit il refaisait des bêtises, soit il se droguait. En fait, pendant longtemps tout le monde savait que ça ne servait à rien mais personne ne savait comment faire autrement. En fait, à l’époque ils n’avaient pas pensé à étudier certaines civilisations bien plus anciennes qui avaient trouvé des solutions originales, etc, etc,… »

Et puis il y aura un fonds social de solidarité qui encouragera les entreprises à embaucher des personnes « problématiques ». Dans chaque entreprise il y aura des personnes formées à leur accompagnement. Les autres employés et la société en générale fera preuve de davantage de souplesse, de compassion et de tolérance envers elles.

De ce fait, il n’y aura plus d’institutions spécialisées pour « handicapés », « cas sociaux », « analphabètes » ou « anachorètes »,… Il y aura seulement quelques maisons pour personnes « normopathes », des gens trop normaux et qui en souffrent. Globalement, on ne mettra plus d’étiquettes sur les gens.

Éducation

Dans les écoles, on apprendra à vivre, on apprendra en jouant et en s’amusant. On apprendra en participant à des projets socialement utiles, on apprendra à cultiver un jardin autant qu’à se cultiver soi. Il y aura souvent des adultes qui viendront raconter aux enfants ce qu’ils font, et pourquoi ils le font. On nourrira l’intellect des enfants à petites doses, juste pour donner envie d’aller plus loin. Plutôt que de faire rentrer une somme de matières dans leur cervelle, on cherchera à développer leur esprit critique et leur curiosité intellectuelle.

On leur apprendra à s’écouter soi et à écouter les autres, à communiquer, à parler vrai sans blesser, à faire silence parfois, à savourer le silence. Les anciens auront leur place dans les écoles, pour jouer avec les petits, leur raconter des histoires et nourrir leur imaginaire, pour transmettre leur sagesse aux adolescents. Les enfants participeront aux décisions de l’école, ils apprendront à pratiquer la démocratie. Ils organiseront régulièrement des spectacles pour les anciens, les malades,… et pour tout le monde !

Médias

Les médias n’auront plus l’influence du monde de la finance, ils seront vraiment libres, et ils transmettront aussi les bonnes nouvelles. Ils seront un relais, un vecteur des initiatives et des idées nouvelles. Ce sera fondamental car dans tous les domaines on expérimentera sans cesse de nouvelles pratiques, et celles-ci seront très différentes selon les régions du monde. Ainsi on s’enrichira énormément de ces différences.

Les gens n’auront plus le temps ni l’envie de regarder la télévision. Certains diront « Oui, mais il y avait des émissions culturelles intéressantes ! » Et les autres répondront : « Bien sur, mais à l’époque il n’y avait pas autant de vie culturelle et artistique autour de chez nous. »

Relations amoureuses

Lorsqu’une majorité de personnes feront un travail de fond sur leur histoire, leur enfance, leurs blessures, et d’autre part développeront leur vie spirituelle, il y aura moins de divorces et de séparations brutales. Il faut avouer que malgré ça, on ne sera toujours pas si avancé que ça dans le domaine des relations amoureuses, ce sera toujours assez mystérieux ces relations, comment ça naît, pourquoi, comment ça s’entretient, comment ça meurt. En tout cas, il y aura beaucoup de gens qui auront découvert qu’ils pouvaient être parfaitement heureux comme célibataires et des tas d’autres qui auront moins peur de l’engagement et auront retrouvé le sens profond du mariage, tandis que d’autres expérimenterons avec plus ou moins de succès le « poly-amour », être en couple avec plusieurs personnes. En tout cas, il n’y aura plus aucun complexe à être homosexuel ou bisexuel, ce sera entré dans la « normalité ». On redécouvrira des anciennes traditions de sagesse qui avaient découvert comment les relations sexuelles peuvent être vécues comme une forme de spiritualité très puissante, un subtil équilibrage des énergies yin et yang…

Voyages

Bien qu’il n’y aura plus d’avions, on pourra tout de même voyager de temps en temps. On n’en aura peut-être pas tant besoin car il y aura tellement à découvrir autour de sa maison, dans son quartier, dans sa région,… Mais il y aura toujours des voyageurs, comme il y en eût toujours dans l’humanité, pour apporter les bonnes idées, transmettre les histoires,…

Espaces pour Rêver

Enfin, il y aura un peu partout, des espaces et des lieux pour partager ses rêves, car rien ne sera jamais parfait. Il y aura toujours des inconnues, des manques, des améliorations possibles, et ça continuera de nous faire avancer !

La Transition :

« Un jour, la femme de Nasreddine dit à son mari :
La vie dans le village est devenue intolérable : la moitié des gens est très riche, pendant que l’autre moitié n’a pas de quoi manger. Si toi, qui est respecté de tous, tu arrivais à les convaincre de partager leurs richesses, alors tout le monde pourrait vivre heureux.
_Tu as absolument raison, femme, j’y vais de ce pas.
Il quitta la maison et ne revint que le soir, complètement épuisé.
_Alors ? l’interrogea sa femme.
_Alors j’ai réussi à convaincre les pauvres… »

Les historiens raconteront que ça n’a pas été facile d’en arriver là, il y avait beaucoup de résistances de gens qui s’accrochaient de toutes leurs forces à l’ancien monde, (en particulier ceux qui avaient des privilèges importants : richesses, pouvoir,…), mais aussi tous ceux qui avaient peur du changement, tous ceux qui souffraient de ce fonctionnement mais qui se cramponnaient aux bénéfices secondaires qu’ils procuraient. Ça ne les rassurait pas, le changement. Alors il a fallu expliquer longuement le « pourquoi du parce que », montrer les très nombreuses initiatives déjà existantes qui marchaient bien, rassurer en proposant d’essayer un changement pendant une année sachant qu’en fin d’année on pouvait revenir au fonctionnement antérieur si ça n’allait pas.

Pour les riches et les puissants, ça a été très dur également. Il a fallu que de grandes personnalités qui faisaient autorité dans le monde religieux , culturel, politique et intellectuel montrent l’exemple et aillent leur parler un à un pour les convaincre. Ça ne marchait pas forcément toujours. Mais il y eut un point de bascule, vers 2017 ou 2032, je ne sais plus, où d’une part la situation mondiale était si catastrophique à tous les plans qu’on craignait à juste titre une révolution violente où les riches auraient été en grand danger, et d’autre part il y avait tellement de monde convaincu de la nécessité vitale d’un grand changement, une « masse critique » a-t-on appelé ça, que ça devenait absolument irrémédiable. Même les médias n’arrivaient plus à laisser de côté les nouvelles idées et à faire croire à l’ancien paradigme.

Au début de la transition, entre les années 1960 et les années 2010 environ, il y avait tellement de choses à faire dans tellement de domaines à la fois, que les « rêveurs » étaient vraiment débordés, ils étaient encore trop peu nombreux alors ils s’engageaient dans beaucoup trop de choses en même temps. Ce qui faisait qu’ils étaient assez déconnecté des gens « ordinaires » (c’est-à-dire qui se posaient moins de questions et qui ne proposaient pas de solutions), et ceux-ci les voyaient soit comme des illuminés, soit comme des utopistes hors des réalités, soit comme des troubles-fêtes ou des tristes sires passéistes. Cependant, petit à petit, de plus en plus de « rêveurs » ont pris conscience de cette déconnexion d’avec les « gens ordinaires ». Ainsi à l’époque, certains ont décidé de faire un travail sur eux pour mieux cerner leurs priorités, ils ont lâchés certains engagements et se sont concentré sur un ou deux qui leur étaient vraiment essentiels. Après cela, ça donnait envie aux autres de s’y mettre car ces nouveaux rêveurs semblaient vraiment plus heureux et détendus. Et puis il y a eu tous ceux qui ont essayé de se rapprocher des « gens ordinaires », de travailler avec eux, de les inviter à des réunions.

C’était très beau car on avait le sentiment « qu’il faut de tout pour refaire le monde » : des personnes qui poussaient à fond leurs rêves du monde futur en créant des écovillages ou des communautés, des gens qui travaillaient fort dans la recherche de solutions dans un domaine précis (agriculture, éducation, écologie, relations humaines,…), d’autres qui luttaient au niveau politique contre des injustices ou des aberrations de l’ancien système (traitement des « sans-papiers », OGM, nucléaire, lobbies pharmaceutiques,…), tous ceux qui réfléchissaient intensément et faisaient avancer les autres par leurs intuitions et leurs réflexions, ceux qui essayaient de rassembler les autres,…

Tout ça travaillait ensemble dans la même direction, sans se côtoyer forcément. Pour cela, le mouvement des « villes en transition » a bien aidé les gens à agir côte à côte, et surtout, à intégrer dans ce processus global de plus en plus de « gens ordinaires », à tel point qu’à un certain moment les « rêveurs » étaient devenus « ordinaires » ! Ça a été un moment d’effervescence vraiment passionnant où tout le monde, partout, s’est mis à parler de la « transition ». Les anciens s’en souviennent encore la larme à l’œil…

Et dire que tout cela est en marche !

Épilogue :

Évidemment, cette vision est naïve et trop simpliste... mais pas irréaliste. Prenons un peu de recul et imaginons que nous vivons en plein Moyen-Âge, quelqu’un vous raconte le XXe siècle en disant : « Dans le futur, les gens voleront dans les airs avec d’énormes monstres métalliques, ils se parleront à des kilomètres de distance à travers des fils suspendus, des francs et des maures vivront côte à côte dans les mêmes villes, il n’y aura plus de rois ni d’esclaves mais le peuple élira son représentant en fonction de ses idées, les paysans auront des gros monstres métalliques pour labourer, aussi puissantes que 40 chevaux, etc, etc... », qui d’entre nous ne l’aurait pas traité de doux utopiste, voir de dangereux malade ?

Le lecteur pourrait aussi se lancer dans l’étude des multitudes de civilisations, de tribus, de sociétés qui on existé et expérimenté des façons de « vivre ensemble » extrêmement différentes les unes des autres. Que l’on songe à cette ethnie népalaise où les hommes cousent et s’occupent des maisons et des enfants pendant que les femmes chassent. Ou encore à cette ethnie amazonienne dans laquelle lorsque quelqu’un vole, on lui offre le plus grand soin et les plus grands égards car on considère qu’il doit vraiment être bien malade...

Absolument tout est possible pour l’humain ! « Si vous avez de la foi gros comme un grain de sénevé, vous direz à cette montagne : déplace-toi d’ici à là, et elle se déplacera, et rien ne vous sera impossible. » Notre potentiel créatif est immense. Alors pourquoi pas ? Si nous y croyons, que nous y plaçons notre espérance, que nous partageons ces rêves avec d’autres et que nous commençons dès aujourd’hui à expérimenter à petite échelle quelques unes de ces pistes... alors tout est vraiment possible. Quelle joie de participer en pleine conscience à la création d’une nouvelle façon d’habiter la Terre !

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ! » Mark Twain

Nedelcu Jean Baptiste